Le village de Xingping (兴平) sur la rivière Lijiang (漓江) dans la province du Guangxi (广西)
Xingping possède une assez longue histoire liée au tourisme. Pour preuve
au XVIII siècle sous la dynastie des Qing un théâtre fut érigé non
loin du quai d'embarquement et adossé, aujourd'hui, à l'école primaire
du village. La scène surélevée du théâtre (entièrement en bois) et une
partie des bâtiments attenants (bois et pierre) existent toujours, le
lieu a été transformé en musée (10 yuans l'entrée). Vu l'état de
conservation et l'humidité ambiante une restauration complète serait
nécessaire pour que cet ancien lieu de divertissement puisse témoigner
auprès des générations futures.
L'endroit avait une certaine renommé car durant l'invasion japonaise à
la fin du XIX siècle, une garnison y élut domicile. De nos jours le
paysage de Xingping est un des plus reproduits en Chine puisque au même
titre que l'Assemblée Nationale chinoise (100) ; le lac de Xihu à
Hangzhou (1); les Montagnes Jaunes dans l'Anhui (5), les trois gorges
(10) et le potala de Lahssa (50) il occupe une des deux faces
d'un des billets chinois ( celui de 20 yuans ). Pour admirer le paysage en gravure il
vous suffit de vous rendre sur le quai d'embarquement du village sur la
rivière Li.
Xingping qui dépend administrativement de la ville de Yangshuo (haut
lieu touristique réel de la Chine) ne bénéficie pas pour l'instant de
la manne que représente le tourisme, ni au premier abord ni au
deuxième. Il n'est pas rare de voir, proche du centre,
les cultivateurs mener le long des routes et des chemins leur buffle
accompagné du veau de l'année. Là où Yangshuo possède une pléthore d'hôtels et de bars Xinping n'en
compte qu'une poignée.
Entre la "gare routière", simple parking, et le
quai se trouve la "vielle rue" qui semble ne pas avoir subi de
transformation depuis quelques générations. On peut encore observer des
biaoyu (标语), ces slogans à la gloire de Mao faits de grands caractères
rouges qui ont un temps recouvert une bonne partie des murs en Chine.
Cette "vielle rue" pavée est flanquée de deux rangées de
maisons/échoppes à l'architecture quasi identique. Ces bâtisses
présentent une ouverture qui couvre la largeur entre les deux murs perpendiculaires à la rue. Au crépuscule, ces ouvertures sont
obstruées par de grands volets de bois qui viennent s'emboiter les uns
dans les autres. A l'intérieur de ces pièces, presque pas
d'aménagement,
tout est mobile: Des tables des tabourets, une télé dans un coin, un
ventilateur au plafond, un coin cuisine et pour certaines un
présentoir, un comptoir. Du fait de l'orientation de de la rue et de la
largeur de celle ci, peu de lumière pénètre directement dans les
demeures. A l'image de cette rue le village reste lui dans l'ombre de
Yangshuo.
Là-bas, une telle rue serait investie par les commerces pour
touristes. Ici ce sont encore les familles d'origine qui y résident.
Dès la tombée de la nuit Xingping voit ses rues se vider (même les deux
seuls bars-restaurants pour touristes ferment faute de badauds) ;
chacun rentre chez soi ou va rejoindre un groupe d'amis pour jouer aux
cartes. Les cloisons de bois laissent se propager l'animation
quotidienne des familles. En se baladant sur
les pavés on peut y entendre des cris, des rires d'enfants, des
invectives de joueurs de cartes mais surtout nos tympans vibrent sous les
ondes sonores et stridentes du dieu télé. Une certaine modernité règne
ici aussi...
Photo non datée que l'on peut voir dans le musée de Xingping (cité plus haut)
Désolé pour la photo et le brouillard mais en mars et en avril ce n'est pas la meilleure période pour s'y rendre (le mois de mai non plus selon les autochtones)
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